Le paradis bleu

Une histoire musicale de et par l’atelier Années collèges du Cabaret Studio de Nantes, que j’ai écrite en collaboration avec Georges Fischer.
Les musiques sont de Martin Le Ray et de Georges Fischer.
Direction artistique et mise en scène de Georges Fischer, avec l’aide de Perrine Veillée.

« C’est ce genre de paradis dont il est question ici, loin de « Grisemine » et où l’on ne vit pas « comme des photocopies ». Au départ de l’écriture, cet espace symbolique de rupture et de bien-être nous a inspirés, séduits, envahis. Non loin de la « maison bleue » de Maxime Leforestier, le Paradis Bleu est une abbaye de Thélème adolescente, joyeuse, débrouillarde. Confronter ainsi Rabelais et « la génération loft », c’était retrouver ce qui compte depuis que l’homme est sédentaire : un territoire, un endroit pour vivre, une foyer. En face de l’ultra moderne solitude, la communauté du Paradis Bleu est une promesse d’avenir »
Georges Fischer.

Joué pour sa création les 9 et 10 juin 2001 avec le soutien de la Maison de Quartier des Dervallières, le spectacle a été présenté tous les mardis de novembre 2001 au Théatre du Sphinx de Nantes.

Deux chansons, parmi les dix-huit qui composent le spectacle :

RUE DES MAISONS CLONES
paroles : Sigrid Baffert
Musique : Georges Fischer

claquent les verrous
clac ! clac !
les portes qu’on cloue
frappe ! frappe !
les rues les égouts
sales ! sales !
pieds dans la gadoue
marre marre

et déjà derrière la serrure
les voisins de mauvaise augure
le nez collé à l’œil de bœuf
rue des Pauvres Veufs

ON A PEUR…

des coupeurs de cous
slash ! slash !
des pluie de cailloux
traque ! traque !
des voleurs de sous
raque ! raque !
bien pires que les loups
râle ! râle !

la nuit il n’y a que les murs
les chats d’gouttière et les ordures
qui poussent là comme du chiendent
rue des Morts Vivants

ON A PEUR…

vies au garde à vous
marche ! marche !
vissées dans l’écrou
soif ! soif !
prisons de dégoût
crache ! crache !
les autres on s’en fout
lâches ! lâches !

dans cet horizon sur mesure
même l’herbe a fui la dictature
de l’armée noire des pylônes
rues des Maisons Clones

ON A FUI…

On a trouvé le terrain vague
on a construit des châteaux d’sable
on en inventé d’autres jeux
on a trouvé l’Paradis bleu
trouvé l’Paradis bleu
trouvé l’Paradis bleu
(ad lib.)

  1. 12 Paradis bleu 12 - Rue des maisons clones 2:13

LA VIE COMME DES PHOTOCOPIES
paroles : Sigrid Baffert
Musique : Georges Fischer

Il doit bien rester quelque part
une histoire à écrire
quelques fruits du hasard
à cueillir

On n’va pas rester plantés là
ici sans réagir
Paradis Bleu ou pas
faut tenir !

Nous les rêves en duplicata
les cœurs papier carbone
on n’en veut pas
y’a maldonne

Vos illusions artificielles
vos amours sur mesure
vos petites filles modèles
c’est l’usure

On n’va pas les laisser gâcher nos vies
on n’veut pas vivre comme des photocopies
on n’va pas les laisser brader le bonheur comme chez Monoprix

car le Paradis Bleu, c’est nous
on le porte sur le dos
ici ailleurs on joue
l’escargot

oui, le paradis bleu c’est sûr
on l’emporte avec nous
au fond de nos chaussures
on s’en fout…

des bulldozers et des machines
l’Paradis Bleu on l’a
dans la peau sous nos jeans
dans nos bras

oui le Paradis Bleu, c’est sûr
on l’emporte avec nous
oui le Paradis Bleu, c’est sûr
est en nous…

On n’va pas les laisser gâcher nos vies
on n’veut pas vivre comme des photocopies
on n’va pas les laisser brader le bonheur comme chez Monoprix (bis)

oui le Paradis Bleu, c’est sûr
on l’emporte avec nous
oui le Paradis Bleu, c’est sûr
est en nous…

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