La marche du baoyé

MeMo, 2018
Collection Polynie, dirigée par Chloé Mary
Illustrations Adrienne et Léonore Sabrier
ISBN 978-2352893721

Sélection Livralire Hiver 2018
Sélection Opalivres 1er semestre 2018

Il ne reste pas grand-chose de la vie de Tiago et de son frère Grand Ouji, de P’pa et M’ma, les fermiers Manké. Un arrosoir, une machine à coudre et un peigne, des objets jetés en vrac sur une carriole de fortune, aux côtés du dernier baoyé, un arbre aux onze fruits juteux, appelé Monsieur B. Les Déracineurs ont tout avalé, jusqu’à la moindre parcelle de leur ferme. Alors, Tiago et sa famille ont dû prendre la route. C’était ça ou crever.
Mais, sur les chemins de sable rouge, très vite, il faut choisir la bonne direction, lutter contre une faim digne d’un barracuda, marcher et encore marcher. Parfois, la nuit, faire fuir les fantômes aussi. C’est ça ou crever. Heureusement, les onze kourés appétissantes et sucrées se balancent aux branches de Monsieur B, pour plus tard.
Ce matin, une kouré a disparu. Onze kourés moins une. Ça fait peu pour tenir sur la route. Surtout que, dans le ciel du désert, des rats plumés lorgnent déjà sur les fruits bleus.

Les premières lignes :

À la fin, il n’en est resté qu’un seul.
Au fond de notre jardin.
Notre jardin, petite île au milieu de rien.
Autour, les Déracineurs avaient tout avalé. Ils attendaient de dévorer l’unique rescapé, Monsieur B.
C’est comme ça que P’pa l’avait appelé, Monsieur B. Notre dernier arbre encore debout, comme un pied de nez. Un baoyé. Oh, pas bien grand, mais avec des fruits plus juteux que des mamelles de buffle bleu.
Pendant quelques jours, les Déracineurs ont cessé d’ingurgiter autour de nous. Un court temps de digestion, avant le grand festin final.
— Ce coup-ci, il faut qu’on parte, a dit P’pa gravement.

© image d’Adrienne et Léonore Sabrier – éditions MeMo 2018

Feuilleter le début du roman.

Un double entretien : Sur un arbre inversé et Un cri tenu, extraits des Nouvelles de Polynies.
(Merci à Chloé Mary).

Et puis l’interview de Léonore Sabrier, Enfance et Arts, puis Sortir de chez soi, à suivre aussi sur le blog de Nouvelles de Polynies.

Polynie : du russe “полынья” [polynia], signifiant “trou dans la glace”. Espace d’eaux libres dans la banquise, que le vent ou des courants empêchent de se refermer. Dans cet espace la vie aquatique et l’avifaune prospérent, créant de véritables oasis dans la glace.

Plus de détails sur les collections Petite Polynie, Polynie, Grande Polynie.

PETiTE REVUE DE PRESSE

“Immense coup de cœur pour ce court texte contant la longue marche d’une famille de fermiers, déracinés de leur terre. Ils traverseront le désert, la faim et la soif, tout en conservant une lumière et une force magnifique. LUMINEUX ET POÉTIQUE, une leçon de vie pour petits et grands. C’est un petit chef d’œuvre que nous livrent les éditons MeMo avec ce troisième titre de leur nouvelle collection Polynie…”
Comme un roman

“Cette histoire intemporelle, à la géographie mouvante, à la poésie lumineuse, à la réalité âpre, éclaire avec douceur et beauté des millions de destins passés, présents et à venir…”
Le Club Enfantipages

“Je suis heureuse de pouvoir transmettre la beauté de ce texte qui interroge la façon d’être au monde aux plus jeunes. Elle est savoureuse et intelligente cette littérature de jeunesse.”
Le monde de Mirontaine

Il y a dans ce récit d’un exil forcé l’espoir immense de toute une famille d’atteindre un ailleurs ; il y a un peu de magie aussi ou du moins un signe de la nature généreuse qui donne un coup de pouce bienvenu. Les illustrations sont de vrais tableaux, le texte a un caractère universel… C’est très beau.
Librairie Maupetit

“La marche du baoyé est une histoire d’errance. Le recours à un lexique imaginaire, une géographie et un contexte indéfinis font de cette histoire un conte universel. Les frontières sont floues, comme la poussière qui trouble la vision. Pourtant le lecteur est touché au cœur et suit assidûment cette famille unie qui fait face. Porté par l’esprit du baoyé, par l’envie de goûter à l’une de ses kourés, par l’infini espoir de voir subsister ces résistants et triompher les petits sur les grands, le lecteur avale le texte et les fabuleuses illustrations colorées d’une seule gorgée.”
Lucie Charrier, Bigre

“Ce petit roman est une réussite pour ma part. Par le biais d’une histoire touchante sur la fuite et l’exil, il aborde un thème d’actualité qui reste intemporel, celui de la fuite de familles vers un endroit meilleur. L’histoire et les illustrations originales font de ce livre une petite pépite.”
Lecture de Petite Plume

“Un livre qui nous laisse un peu de ce sable ocre sur les mains et qui dépose sur nos lèvres ce goût sucré des précieuses baies bleues du baoyé. Un petit roman aussi beau à lire qu’à regarder.”
Moka au milieu des livres