À PARAÎTRE LE 19 AOÛT 2026

Éditions Cambourakis, 2026
Collection Radeau
Couverture : Jeanne Macaigne
ISBN : 978-2386691775
« On n’entre pas dans la danse sans avoir accepté d’y abandonner une part de soi, on n’entre pas dans le cercle sans être initié. Le hazar tango est une danse très ritualisée, surgie durant les années âpres au cœur de la Grande Nuit, après l’épuisement des énergies fossiles et l’orage magnétique qui provoqua le fameux Black-Out. »
Après une période de chaos, la faction Usko a pris le pouvoir, remédié à la disparition des énergies fossiles par le rationnement de l’hydrogène et monopolisé la production de graines et de semences. La résistance s’est organisée et Salem, une jeune botaniste à la sensibilité photosynthétique, danseuse de hazar tango à ses heures, est approchée par une organisation clandestine afin d’accomplir une mission délicate en compagnie d’une dresseuse d’ours et d’un vieux flibustier. Tout à la fois dystopie, roman d’aventure et expédition polaire, Hazar Tango nous entraîne dans un pas de deux sensuel et haletant.

GENÈSE ET COULiSSES DU ROMAN
Ce roman est né à la confluence de divers projets et a poussé sur plusieurs terreaux créatifs…
D’abord cette question qui m’habite depuis longtemps, avec cette course en avant délétère, l’épuisement des énergies fossiles et l’éventualité d’un Grand Black-Out. Comment vivraient les hommes d’aujourd’hui, si l’électricité venait à disparaître brutalement ?
Une question que j’avais déjà abordée par un autre prisme lors de l’écriture de la pièce Les Falopes pour la Compagnie les gOsses, avec le vélo-générateur utilisé par les comédien.ne.s tout au long du spectacle.
Hazar Tango a été aussi nourri de longues discussions avec l’un de mes proches, mon Capitaine Isidore, passionné de botanique et d’agronomie, autour du thème des semences et des graines originelles, mais aussi de souvenirs forts de temps passés en mer, à bord de son voilier.
J’ai écrit ce roman en plein Covid, dans cette folle période d’isolement social et de distanciation physique, et je crois que cet éloignement contraint a fait naître en moi l’envie irrépressible de contact, de toucher, comme un sursaut de vie, avec le personnage de Salem et une forme très particulière de tango dans le noir… Pourquoi le tango ? Pour sa sensualité et sa violence, sa rugosité, sa poésie des gestes. Parce qu’une vision hypnotique lorsque j’ai assisté à l’adaptation du Misanthrope de Molière par Karine Dedeurwaerder de la Cie les gOsses, où Célimène (Marie-Béatrice Dardenne) et Alceste (Grégory Ghezzi) dansaient le tango. Sans doute aussi un clin d’oeil au magnifique film de Stéphane Brizé Je ne suis pas là pour être aimé avec Patrick Chesnais et Anne Consigny, qui m’avait emportée dans ses abrazos et ses portraits décalés si subtils.
Après avoir mené un atelier d’écriture poétique avec des collégiens à partir du film Pina de Wim Wenders autour du travail de Pina Bausch, j’ai été hantée par une phrase de la grande chorégraphe : « Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus… »
Et puisque j’évoque là Wim Wenders, Taddeus et le Mouflet ont très probablement trouvés leurs racines à travers deux personnages qui m’ont marquée durant mes études de cinéma : celui de Travis (Harry Dean Stanton) et de son petit garçon Hunter (Hunter Carson), dans Paris, Texas, un de mes films fétiches et profondément fondateur. Leur relation m’a inspiré par ricochet cette idée de Mouflet, en particulier la scène d’anthologie ou père et fils qui viennent tout juste de se redécouvrir, marchent de part et d’autre d’une rue, chacun sur un trottoir, et où Hunter se met à adopter la démarche de son père en le mimant en miroir.
Cette aventure littéraire aura eu plusieurs vies. Je remercie Chloé Mary d’en avoir porté les prémices. Mais surtout, je remercie la magnifique équipe des éditions Cambourakis, un immense merci à Isabelle de son enthousiasme, de ses conseils précieux et porteurs, de son infini respect du texte ; merci aussi à Olivier, à Charlotte, aux lectrices et correctrices, ainsi qu’à Laura.
Enfin, grande joie de retrouver mon amie Jeanne Macaigne qui a réalisé la sublime couverture du roman. D’aucun lui trouveront d’ailleurs un petit air de famille avec celle de La Chose du MéHéHéHé…

Quelques images, qui m’ont habitée pendant l’écriture de ce roman.
Quelques liens vers les musiques qui ont émaillé l’écriture du roman, musiques écoutées parfois ad libitum ; je peux être très mono-maniaque quand je tiens une atmosphère :
Pour les scènes de tango, j’ai écouté en boucle l’album Memoria colectiva de Lalo Zanelli & Ombu découvert grâce au contrebassiste Xavier Nuñez Lizama du Collectif de l’Autre Moitié. En particulier, j’ai été emportée par Memoria collective, Barrio et Tierra Cuna…
Pour les scènes plus maritimes et portuaires : l’album Solnedgången Session du groupe de rock suédois Mando Diao (si on m’avait dit qu’on jour j’écouterais du rock alternatif suédois…)
En marge de l’univers d’Elea, La boxeuse amoureuse d’Arthur H dont le clip lui-même a, je pense, inconsciemment nourri la relation passionnelle Elea / Kaiech ; et puis justement Jeux de la vie de Mokaiech (le prénom du chanteur a présidé au nom du personnage de Kaiech).
Je m’aperçois après coup que toutes ces musiques ont pour point commun des voix masculines rauques, pierres et tessons , voix qui contrastent avec la thématique intime plutôt féminine avec Salem, Volga et Elea. Il faut croire que j’aime les ambivalences. Mais peut-être toutes ces voix sont-elles celles de Taddeus ?